Napoléon 1er, ses origines toscanes, ses femmes, sa mort à Sainte-Hélène.

Centurie IV. Quatrain 35.

Le feu éteint, les vierges trahiront,

La plus grande part de la bande nouvelle :

Foudre à fer, lance les seuls rois garderont

Étrusque et Corse, de nuit gorge allumelle.

ANNÉE TROUVÉE : 1821. Napoléon 1er, ses origines toscanes, ses femmes, sa mort à Sainte-Hélène.

 

Explications :

« Le feu éteint, les vierges trahiront, la plus grande part de la bande nouvelle » : « le feu éteint » désigne la fin des combats, des batailles napoléoniennes à Waterloo, le 18 juin 1815. « Les vierges trahiront » : l’historien Frédéric Masson (Napoléon et les femmes, 1894) attribue à Napoléon Bonaparte cinquante-huit conquêtes. Parmi elles, il n’y en a eu qu’une poignée qui a véritablement eu un impact sur ce grand personnage de l’Histoire de France. Indissociables de l’action politique de Napoléon, ces femmes ont été extrêmement déterminantes lors de certaines grandes décisions prises par Bonaparte, qu’il soit homme de guerre ou bien homme d'État.

 

Décrit comme peu courtois avec les femmes, leur parlant brutalement, il manifestait même parfois un certain mépris envers celles qui s’offraient trop facilement à lui. Marié deux fois, il aura en plus deux maîtresses très importantes qui changeront sa vie. D’une part, Éléonore Denuelle de La Plaigne qui lui donnera son premier fils, le comte Léon, et ainsi le confortera dans son idée qu’il n’est pas stérile, et d’autre part, une maîtresse dont il tombera éperdument amoureux, la comtesse Walewska. Néanmoins, Napoléon définit lui-même ses amourettes comme n’étant d’aucune importance. Il dira :

« [Joséphine] a toujours peur que je tombe amoureux. Ne sait-elle pas que l’amour n’est pas fait pour moi ? Qu’est-ce que l’amour ? Une passion qui laisse tout l’univers d’un côté pour ne voir, ne mettre de l’autre que l’objet aimé. ». Néanmoins, peu de temps après son mariage avec Napoléon, à Paris, Joséphine s’est rapprochée d’un homme, le capitaine Hippolyte Charles. Très rapidement, il devient l’amant de Joséphine lorsque Napoléon sera absent en Italie (« les vierges ! trahiront »).

 

Marie-Louise Léopoldine Françoise Thérèse Josèphe Lucie de Habsbourg-Lorraine, née le 12 décembre 1791 à Vienne au palais de la Hofburg, est la seconde épouse de Napoléon. Après son abdication, Napoléon est exilé sur l’île d’Elbe et Marie-Louise cherchera à le suivre, mais son père, François Ier la persuadera de revenir à Vienne. Bien qu’elle fasse savoir à de nombreuses reprises qu’elle souhaite revoir Napoléon, elle finira par l’oublier, même lorsque Napoléon reprend le pouvoir en 1815, et rencontrera un autre homme, Adam Albert de Neipperg. Marie-Louise et Neipperg s’installent le 9 avril 1816 dans le duché de Parme en Italie. Elle devient duchesse et laisse son fils à Vienne, qui deviendra duc de Reichstadt. Le 5 mai 1821, après la mort de Napoléon sur l’île de Sainte-Hélène, Marie-Louise peut enfin épouser son amant, qui devient Prince-consort de Parme et de Plaisance (« les vierges ! trahiront »).

 

« La plus grande part de la bande nouvelle » : il s’agit de la période la Restauration qui désigne la

restauration de la monarchie en tant que régime politique en France, ou plus exactement dans ce qu’il restait de l’Empire napoléonien. Il s’agit de surcroît d’une période de l’histoire de France se dédoublant : d’une part, entre la première abdication de Napoléon Bonaparte le 6 avril 1814, et son retour au pouvoir en mars 1815, et d’autre part entre sa chute définitive ou chute du Premier Empire, et la révolution des Trois Glorieuses à partir du 29 juillet 1830. La Restauration prit la forme du retour au pouvoir de la maison de Bourbon, pouvoir exercé cette fois dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle (« la nouvelle bande »), énoncée dans la Charte de 1814, octroyée par Louis XVIII au peuple français.

 

« Foudre à fer, lance les seuls rois garderont Étrusque et Corse, de nuit gorge allumelle » .

« Foudre à fer, lance… » : il s’agit de la Garde impériale. La Garde impériale était un corps d’armée d’élite du Premier Empire, constitué de soldats vétérans et destiné à protéger fidèlement l’Empereur des Français, et à servir de réserve d’élite à la Grande Armée hors des batailles. Elle fut créée par l’empereur le 18 mai 1804, à partir de l’ancienne Garde des consuls. La Garde comprenait également des corps de cavalerie, dont les célèbres chasseurs à cheval ainsi qu’une unité de lanciers polonais (« lance »), particulièrement fidèles à l’Empereur. Les chasseurs à cheval étaient les unités favorites de l’Empereur, et s’il dormait en campagne au milieu de la Garde à pied, il portait très souvent l’uniforme vert de colonel des chasseurs à cheval de la Garde. Citons aussi les grenadiers à cheval, les dragons de l’Impératrice et la gendarmerie d’élite, etc.

 

Dans les faits, la Garde impériale ne servit que sous le commandement direct de Napoléon, et constitua la force sur laquelle ce dernier pouvait toujours s’appuyer en toutes circonstances. La Garde était composée des soldats les plus valeureux. Ils avaient pour la plupart participé aux guerres de la Révolution et ils étaient totalement dévoués à la personne de l’Empereur. Son effectif ne cessa d’augmenter : de 9 798 hommes en 1804, elle atteignit celui d’une armée, 112 482 hommes en 1814, placée sous les ordres directs de l’Empereur. Elle fut finalement divisée en Jeune Garde, Moyenne Garde et Vieille Garde, chacune possédant leurs unités de cavalerie, d’artillerie et d’infanterie. La Garde possède également sa propre artillerie (« foudre à fer »), à pied ou à cheval, célèbre pour ses pièces de 12, « les plus belles filles de l’Empereur ».

 

Pour l’anecdote, lorsqu’un soldat de la Vieille Garde part en retraite ou est réformé, il devient « un vieux de la Vieille », expression restée de nos jours. Napoléon est particulièrement bienveillant envers sa Vieille Garde, qui lui voue en retour une admiration sans bornes. L’Empereur savait mener les hommes. Il utilisait fréquemment sur ces soldats des gestes symboliques qui les galvanisaient, comme par exemple le fameux « tirage d’oreille », ou la remise de sa propre Légion d'honneur, appelée « La croix », à un soldat particulièrement valeureux. Le fin du fin était de recevoir de l’Empereur sa propre croix qu’il détachait de sa poitrine pour l’accrocher lui-même à l’uniforme du soldat courageux. Hors campagne, Napoléon se promenant dans les parcs avec l’Impératrice et son fils, confiait souvent ce dernier à un vieux grenadier ou chasseur de service, qui le portait dans ses bras. C’était pour le vieux soldat la récompense suprême. Ainsi, celui qui fut appelé ultérieurement l’Aiglon, le roi de Rome, était pour eux aussi un objet de vénération.

 

« Lance les seuls rois garderont » : à la Restauration de 1814, la Vieille Garde fut conservée par les rois de France, et fut rebaptisée « Grenadiers de France ». Ses soldats avaient une tendance à tomber subitement aphone au moment de crier « Vive le Roi ». Ces fidèles de Napoléon, pour ne pas être punis, eurent recours au subterfuge suivant : ils criaient « Vive le Roi », puis quelques-uns rajoutaient « de Rome », titre de l’Aiglon qui mourut en 1832. Les vétérans de la Vieille Garde sont considérés comme les soldats les plus valeureux de l’histoire militaire française.

 

« Étrusque et Corse » : il s'agit ici des racines italiennes de Napoléon, l’Étrurie (« Étrusque ») correspond à l’actuelle Toscane.

 

L'histoire : Gustave Chaix d’Est-Ange écrit en 1906 : « La famille Bonaparte, anciennement Buonaparte, appartenait avant la Révolution à la noblesse de l’île de Corse où elle vint des environs de Gênes s’établir vers la fin du XVe siècle. Il est peu de familles sur l’origine desquelles les historiens soient moins d’accord ; […]. Comme le fait remarquer le comte Colonna de Cesari-Rocca dans son Armorial Corse, les noms de Bonaparte, Buonaparte, etc., furent portés en Italie au Moyen âge par un grand nombre de familles appartenant aux situations sociales les plus variées. » Trois familles originaires respectivement de San Miniato, Sarzane et Trévis ont porté ce nom mais il n’est pas possible de prouver un lien généalogique entre elles.

 

Gustave Chaix d’Est-Ange précise que par un acte du 28 juin 1759 les Bonaparte de Corse se firent reconnaître officiellement parents par les Bonaparte de Florence, issus de ceux de San Miniato : « Cette reconnaissance, étant antérieure à la grande fortune des Bonaparte de Corse, était assurément bien désintéressée de la part de ceux de Toscane. Toutefois on ne doit y attacher qu’une importance relative ; on sait, en effet, combien les actes de ce genre, dictés uniquement d’ordinaire par la complaisance ou par la courtoisie, ont peu de valeur en matière généalogique quand ils ne sont pas appuyés sur des preuves sérieuses ». Il précise : « Toutefois leur point de jonction avec ceux de Toscane n’a pu encore être établi. ». Cette famille eut pour dernier représentant l’abbé Grégoire Bonaparte qui mourut en 1803, après avoir rencontré Napoléon Bonaparte et tenté en vain de convaincre ce dernier de favoriser la canonisation de son parent, l’abbé Bonaventure Bonaparte.

 

Gustave Chaix d’Est-Ange établit cependant par erreur, un lien entre les Bonaparte de Corse et ceux de Sarzane, suite notamment aux travaux du comte Colonna de Cesari-Rocca ; l’histoire des Bonaparte de Corse a ainsi pu être reconstituée, et la filiation à peu près suivie depuis le XIIIe siècle à Sarzane, près de Gênes. Elle est peut-être originaire du village de San Stephano où il existait une famille de notaires du nom Bonaparte. Sur la famille Bonaparte de Sarzane, il écrit toutefois prudemment : « La descendance de Janfald [Bonaparte] occupa à Sarzane un rang distingué sans que l’on puisse affirmer toutefois qu’elle a appartenu à la noblesse ; le nom des Bonaparte de Sarzane ne figure pas, en tout cas, au Livre d’Or de Gênes ». Michel Nostradamus indique clairement les origines toscanes des Bonaparte.

«De nuit gorge allumelle » : une « allumelle » est une lame de couteau ou d’épée longue et mince.

« Gorge allumelle » est une allusion aux souffrances, spasmes et cris de Napoléon comparables à celles qui aurait été provoquées un couteau planté dans sa gorge.

 

La mort de Napoléon Ier survient le 5 mai 1821, à Longwood sur l’île de Sainte-Hélène, durant son exil, à l’âge de 51 ans.

 

L’histoire : * « durant la nuit (« de nuit ») du 4 au 5 mai, Napoléon est dans un état comateux et délire. Dès le matin, ses compagnons se réunissent à son chevet, se doutant bien que cette journée-là sera la dernière. Borborygmes, météorisme abdominal, refroidissement du corps, œil fixe, lèvres fermées et contractées. Il parle avec peine, profère des mots inarticulés, interrompus, laisse échapper ceux de : "tête armée." Ce furent les derniers mots qu’il prononça. Il ne les avait pas fait entendre qu’il perdit la parole. Tiraillements spasmodiques auprès de l’épigastre et de l’estomac, profonds soupirs, cris lamentables, mouvements convulsifs qui se terminent par un sinistre et bruyant sanglot […] Il est six heures moins onze minutes. Napoléon n’est plus ».

 

Significations du quatrain:

En 1821, quand les guerres seront terminées, les femmes qu’il aura connues le trahiront. Les nouveaux rois qui prendront le pouvoir, garderont son armée et ses soldats. Celui qui naîtra en Corse et dont la famille est originaire de Toscane, souffrira terriblement toute une nuit avant de mourir.

 

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Source : ArticleMaison Bonaparte de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_Bonaparte).

Source : ArticleGarde impériale (Premier Empire) de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Garde_imp%C3%A9riale_(Premier_Empire)).

Source : ArticleNapoléon et les femmes de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Napol%C3%A9on_et_les_femmes).

Source : ArticleRestauration (histoire de France) de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_(histoire_de_France)).  

*Docteur Antonmarchi, dernier medecin de napoleon" par F. Paoli Publisud Editeur