1816. Le nouveau royaume des Deux-Siciles. Napoléon et la fin calamiteuse de la guerre d’Espagne.

Centurie III. Quatrain 25.

Qui au royaume Navarrois parviendra,

Quand de Sicile et Naples seront joint :

Bigorre et Landes par foyx loron tiendra,

D’un qui d’Espagne sera par trop conjoint.

ANNÉE TROUVÉE : 1816. Le nouveau royaume des Deux-Siciles. Napoléon et la fin calamiteuse de la guerre d’Espagne.

 

Explications :

« Qui au royaume Navarrois parviendra » : le « royaume Navarrois » désigne le royaume de Navarre fondé en 824 par les Vascons, dont le premier roi est Eneko Arista, premier d’une lignée de seize rois basques qui régneront jusqu’en 1234. La Navarre historique s’étire de part et d’autre de la chaîne pyrénéenne. La Haute Navarre fut conquise en 1512 par le royaume d’Aragon et fut annexée en 1516 dans l’actuel royaume d’Espagne. L’autre partie (la Basse Navarre) restée indépendante, fut unie à la couronne de France à partir de 1589 (d’où le titre de « roi de France et de Navarre ») inauguré sous le règne d’Henri IV.

 

« Quand de Sicile et Naples seront joint » : le royaume de Naples est la dénomination courante mais non officielle de l’ancien royaume d’Italie méridionale dont la capitale était Naples. Issu de la partition du royaume de Sicile, il en regroupait toutes les terres péninsulaires.

 

L’histoire : le royaume des Deux-Siciles de Ferdinand Ier s’était allié avec la Troisième Coalition contre Napoléon en 1805. En 1806, à la suite des victoires décisives sur les armées alliées à Austerlitz et sur les Napolitains à Campo Tenese, Napoléon installe son frère Joseph sur le trône de Naples. Ferdinand fuit vers la Sicile où il maintient son pouvoir. Quand deux ans plus tard Joseph est envoyé en Espagne, il est remplacé à Naples par sa sœur Caroline et son beau-frère, le maréchal Joachim Murat. Les tentatives successives de Murat pour envahir la Sicile échouent. L’île est défendue par les Britanniques et Ferdinand participe aux coalitions successives contre Napoléon.

 

Après la défaite de Napoléon en 1814, Murat conclut une entente avec l’Autriche et conserve le trône de Naples, malgré les protestations de Ferdinand et de ses partisans. Cependant, la plupart des autres puissances, en particulier la Grande-Bretagne, lui sont hostiles. Murat dépend du soutien incertain de l’Autriche et sa position devient de moins en moins sûre. En 1815, lorsque Napoléon revient en France pour les Cent Jours, Murat se rallie à lui. Par la proclamation de Rimini, il s’allie aux nationalistes italiens dans l’espoir de sauver son royaume. La guerre napolitaine qui suit entre Murat et les Autrichiens est de courte durée et se termine par la victoire décisive des forces autrichiennes à Tolentino. Murat est forcé de fuir, puis est capturé et exécuté à Pizzo, en Calabre. Ferdinand réunifie son royaume. L’année suivante (1816), l’union formelle du royaume de Naples avec le royaume de Sicile, dans le nouveau royaume des Deux-Siciles est de nouveau constituée (« Quand de Sicile et Naples seront joint »).

 

« Bigorre et Landes par foyx loron tiendra, d’un qui d’Espagne sera par trop conjoint » : Michel Nostradamus décrit la fin de la guerre d’indépendance espagnole, qui opposa l’Espagne, le Portugal et le Royaume-Uni à la France du Premier Empire entre 1808 et 1814.

 

L’histoire : la guerre commença en 1808 lorsque Madrid se souleva contre l’armée française stationnée dans la capitale espagnole. L’insurrection se généralisa à tout le pays après que Napoléon eut obtenu l’abdication du roi d’Espagne au profit de son frère Joseph. L’armée française se heurta à une guérilla puis à l’armée britannique venue aider le Portugal, également occupé par les troupes de Napoléon. En 1813, les soldats de l’empereur durent refluer en deçà des Pyrénées.

 

Les deux derniers vers du quatrain mentionnent la bataille de Vic de Bigorre (19 mars 1814) et

l’épisode de la bataille d’Orthez (proche du département « des landes »), qui est l’une des dernières batailles de la guerre d’indépendance espagnole. Elle a lieu le 27 février 1814 sur le sol français, entre l’armée française menée par le maréchal Jean-de-Dieu Soult et les forces anglaises et portugaises dirigées par le duc de Wellington. L’affrontement se solde par une victoire des Alliés.

 

Après la défaite des Français à la bataille des Pyrénées, le maréchal Jean-de-Dieu Soult se replie et détruit tous les ponts du gave d’Oloron (« loron »). Il concentre ses troupes à Bayonne, qui est le théâtre d’une bataille, mais surtout près d’Orthez. De leur côté, les Coalisés réussissent à franchir le gave de Pau et se rapprochent d’Orthez. D’autres troupes coalisées arrivent au sud d’Orthez et disputent la ville.

 

Les Coalisés commencent à attaquer l’aile droite française mais sont repoussés à cinq reprises. Ils concentrent alors leur effort sur le centre français mais celui-ci résiste aussi. Une nouvelle attaque de l’aile gauche déloge les Français de leurs positions tandis que dans un même temps, les Coalisés attaquent au centre. Un incident survient alors : le général Foy (« Foyx »), qui commande le centre, est blessé et transporté pour être soigné vers l’arrière. Cet événement cause un certain traumatisme sur le moral des troupes françaises. Les troupes coalisées positionnées au sud d’Orthez réussissent à franchir le gave de Pau. Soult, voyant la situation compromise, décide d’effectuer une retraite générale vers Sault-de-Navailles. Napoléon comprit sa défaite et accepta, par le traité de Valençay, le retour de l’ancien roi d’Espagne Ferdinand VII dans son royaume.

 

La guerre d’Espagne s’achevait, mais à l’inverse débutait pour les Hispano-Britanniques la campagne de France qui allait amener la chute de Napoléon. En clair ces deux derniers vers mentionnent la fuite et les défaites de l’armée de Napoléon, et la perte du trône espagnol de son frère Joseph.

 

Signification du quatrain :

En 1816, un roi reviendra au royaume de Navarre quand l’union formelle du royaume de Naples avec le royaume de Sicile, dans le nouveau royaume des Deux-Siciles sera de nouveau constituée. Il viendra se battre dans les Landes (Bigorre, oloron) et chassera d’Espagne Joseph, le frère de l’empereur.

 

 

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Source : Article Guerre d’indépendance espagnole de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27ind%C3%A9pendance_espagnole).

Source : Article Royaume de Navarre de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Navarre).

Source : Article Bataille d’Orthez (1814) de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Orthez_(1814)).