1815. Napoléon 1er. Les cent jours. Le ralliement imprévu du maréchal Ney. Le Sénat incertain.

Centurie II. Quatrain 76.

Foudre en bourgogne fera cas portenteux,

Que par engin ne pourrait faire :

De leur sénat sacriste fait boiteux,

Fera savoir aux ennemis l’affaire.

ANNÉE TROUVÉE : 1815. Napoléon 1er. Les cent jours. Le ralliement imprévu du maréchal Ney.

Le Sénat incertain.

Explications :

« Foudre en bourgogne fera cas portenteux, que par engin ne pourrait faire » : « foudre en Bourgogne », il s’agit de Napoléon le « foudre de guerre » qui, ayant débarqué à Golfe Juan le 1er mars, se trouve déjà en Bourgogne le 15 mars 1815. De nombreuses troupes se sont déjà ralliées à sa petite équipe (les soldats des 5e et 7e régiments d’infanterie de ligne). Le « cas portenteux » (« portenteux » signifie « qui tient du prodige, extraordinaire ») est le ralliement soudain et imprévisible du maréchal Ney. Le mot « engin » désigne généralement une machine destinée à suppléer les travailleurs dans leurs tâches. De ce mot sont issus les mots « ingénieur » et le nom donné au corps des ingénieurs : le « génie ». En clair, Michel Nostradamus fait remarquer ici que personne n’aurait eu l’intelligence d’imaginer le ralliement du maréchal à l’empereur.

 

L’histoire :

Le 15 mars, départ de Chalon-sur-Saône, Napoléon prend la route de la Bourgogne, passe par Autun. Dans la nuit, le baron Passinges, un officier d’ordonnance du maréchal Ney qui est à Lons-le-Saunier, vient lui annoncer le ralliement de ce dernier. Pourtant, lors du débarquement de Napoléon à Golfe-Juan, le maréchal Ney avait proposé au roi Louis XVIII de ramener Napoléon « dans une cage de fer ». A contrario il décida de se rallier à l’Empereur. Sa décision prise, le maréchal Ney fit afficher sa proclamation de Lons-le-Saunier le même jour : « Soldats ! La cause des Bourbons est à jamais perdue. La dynastie légitime, que la nation française a adoptée, va remonter sur le trône. C’est à l’empereur Napoléon, notre souverain, qu’il appartient de régner sur notre beau pays… ».

 

Le 19 mars, Napoléon organisa la dernière étape qui le conduisit à Paris. Pendant que l’empereur galopait, l’armée abandonnait le roi.

 

« De leur sénat sacriste fait boiteux, fera savoir aux ennemis l’affaire » : « leur sénat » il s’agit du Sénat la chambre haute du Parlement français. « Sacriste » vient du latin médiéval « sacrista » et désigne en général un sacristain, personne disposée à l’entretien d’une église. Mais ici le sens est différent. Les sénateurs (« les sacristes ») qui habituellement s’occupent des affaires du Sénat, ne semblaient pas disposés à suivre les nouvelles dispositions dictées par l’empereur.

 

L’histoire.

Dès son retour à Paris le 19 mars 1815, la première préoccupation de Napoléon est de former un gouvernement. La chose ne va pas de soi : Napoléon travaille non sans mal à reprendre le contrôle de l’administration. Le corps préfectoral est épuré . L’empereur met donc en chantier une réforme constitutionnelle à laquelle on donne le nom d’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, car elle vient modifier sans les abroger les constitutions bonapartistes précédentes. Sa rédaction, avec la collaboration de Benjamin Constant, est achevée le 21 avril 1815 et le texte est publié le 23. Une de ses principales dispositions est le remplacement du Corps législatif et du Sénat par une Chambre des représentants et une Chambre des pairs. Cette publication doit être suivie d’un plébiscite.

 

Napoléon n’attend pas la tenue de cette consultation et organise par un décret du 30 avril des élections législatives et des élections municipales dans les communes de moins de 5 000 habitants. La participation au scrutin législatif est faible et le mode de scrutin est le suffrage censitaire - à Marseille, exemple souvent cité, seuls treize électeurs sur 231 inscrits émettent un vote. Les députés qui font leur entrée au Palais Bourbon sont tout sauf acquis à Napoléon : on peut y dénombrer quelque cinq cents libéraux de diverses tendances, une quarantaine d’anciens révolutionnaires et quelque quatre-vingts bonapartistes. Les royalistes se sont tenus à l’écart du scrutin. Les élections municipales sont un camouflet (« fait boiteux ») pour Napoléon : de nombreux maires et adjoints, entrés en fonction en 1814 sous la première Restauration et que Napoléon a révoqués, retrouvent leurs postes.

 

Les résultats du plébiscite sont tout aussi décevants : sur cinq millions d’électeurs, 1 550 000 votent oui et environ 5 700 non. La désaffection pour le régime se manifeste ici aussi par le nombre élevé d’abstentions. À l’occasion de la proclamation des résultats du plébiscite, Napoléon organise une cérémonie qu’il veut solennelle, baptisée Champ de mai. Elle se tient au Champ de Mars le 1er juin

1815. Y sont conviés les membres de tous les collèges électoraux et les députations de l’armée. Les festivités, dont la pompe et le faste paraissent surannés sinon ridicules à de nombreux témoins, tournent au fiasco. Ce qui devait être une journée de communion nationale autour du trône impérial déçoit la plupart des spectateurs à l’exception des soldats qui acclament leur chef. Napoléon n’était plus suivi par la population française et les ennemis de la France le comprirent rapidement (« fera savoir aux ennemis l’affaire »).

 

Signification du quatrain :

En 1815, suite à son exil sur l’île d’Elbe et après avoir débarqué à Golfe-Juan le 1er mars, Napoléon est rallié, contre toute prévision, par le maréchal Ney qui était pourtant chargé de l’arrêter, sur ordre du roi Louis XVIII. Napoléon reprendra le pouvoir mais n’arrivera pas à imposer ses nouvelles directives, notamment une de ses principales dispositions, le remplacement du Corps législatif et du Sénat par une Chambre des représentants et une Chambre des pairs. Napoléon ne sera plus suivi par la population française, et les ennemis de la France le comprendront rapidement.

 

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Source : Article Cent-Jours de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Cent-Jours).

Source : Article Michel Ney de Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Ney).

Source : Article Enginde Wikipédia en français (http ://fr.wikipedia.org/wiki/Engin).